Johan Collard, luthier-archetier à Saintes
Au cours de mes balades dans les petites rues médiévales de Saintes, j'ai découvert avec enchantement la boutique d'un luthier ; petite rue face à la grande poste de Saintes, où les boutiques charmantes tiennent le pavé.
Johan Collard fabrique et répare comme les luthiers du 18ème siècle .
La lutherie, un art ancestral, a traversé des siècles d’innovations tout en conservant son essence artisanale. À partir du XVIIe siècle, la lutherie a commencé à se définir comme un artisanat distinct. Depuis le XVIIIe siècle, les luthiers ont perfectionné leurs méthodes.
(cliquer dans les photos pour les agrandir)
Le choix du bois est crucial pour la qualité sonore d’un instrument. Les luthiers sélectionnent généralement de l’épicéa pour la table d’harmonie et de l’érable pour le fond et les éclisses. Le bois, laissé vieillir pour maturer, est soigneusement travaillé pour optimiser sa résonance ; Le vernissage joue également un rôle essentiel. Les vernis à base de résines naturelles non seulement protègent le bois mais influencent aussi la sonorité. Chaque luthier a ses secrets pour le mélange parfait, ce qui rend chaque instrument unique ; La maîtrise de l’acoustique, autant de gestes et de connaissances nécessaires au luthier. La lutherie est un art selon l’Académie française qui définit l’art comme la règle et la méthode de bien faire un ouvrage .
La lutherie artisanale est un art fascinant et complexe, mêlant savoir-faire , science acoustique et sensibilité musicale. Ce domaine englobe la conception, la fabrication et la réparation des instruments à cordes, qu'ils soient frottés, pincés ou frappés, comme le violon, la guitare ou le piano .
les violons fabriqués artisanalement sont de meilleure qualité. On les juge plus soignés, plus fidèles à un idéal de perfection — technique, esthétique et acoustique — que ceux issus de la production industrielle.
Entrons chez l'archetier. Sur son établi, on retrouve le même outillage qu'autrefois. Les rabots à semelles plates rangés à côté de ciseaux, de bédanes et autres limes. Une lampe à alcool brûle, l'artisan en chauffe le bois déjà raboté. Lentement, délicatement, la baguette se cambre sous la traction de l'archetier. A côté, le tour mécanique de précision, le nouvel outil moderne, sera nécessaire pour notamment confectionner le bouton; il sera aussi fort utile pour les délicates restaurations d'archets anciens.
Fabrication - Réparation - Restauration - Vente – Location - Violon - Alto - Violoncelle - Contrebasse - Viole de Gambe – Archets
Johan Collard 4 rue de la Poste à Saintes.
(textes et photos Internet)
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et l'image du jour :
Une pensée pour le peuple américain (qui n'a pas voté pour lui) :
Histoire des plumes (d'écriture, pas d'indiens)
L’écriture date d’environ 3200 avant notre ère, sur tablettes d’argile (donc rigides) , sur tablettes de bois reliées entre elles par des cordelettes datant du deuxième millénaire avant notre ère .
L’Invention du papyrus, utilisé à partir de 2500 av.J.-C. par les scribes égyptiens comme support pour leurs travaux d’écriture. Les différentes représentations de scribes, en peintures ou en statues, ne révèlent pas de support quelconque sous le rouleau de papyrus. Même remarque et même interrogation pour les écrits reproduits sur du parchemin (peau d’animal) à partir de la même époque.
Le papier, inventé par les Chinois peu avant notre ère, arrive en Occident avec les conquêtes arabes et sur le sol européen à partir du XIe siècle (Espagne en 1056 et Sicile en 1102). Le papier étant une matière très souple, les différentes encres employées, le type de calligraphie et le matériel d’écriture (plume au lieu de pinceau) rendent nécessaire un support rigide pour maintenir la feuille de papier, résister à la pression et donner un appui stable au scribe.
Avant la plume, l’on écrivait avec un calame. Le calame du latin calamus est un roseau taillé en pointe dont on se sert pour l'écriture : à sec sur des tablettes d'argile. Un simple roseau taillé, utilisé depuis des milliers d’années. Il était déjà utilisé par les scribes lors de l’époque des Pharaons. Le scribe, dans l’Égypte antique, était un fonctionnaire lettré, très respecté.
lorsque l’Occident découvrit le papier au XIIIe siècle : la calame tira définitivement sa révérence, cédant la place à la plume.
La plume d'oiseau remplace progressivement le calame en Occident entre le VI e et IX e siècles, parce qu'elle permet d'écrire en traits plus fin sur le parchemin et que sa souplesse permet de faire plus facilement pleins et déliés.
Le délié : ON MONTE, le plein : ON DESCEND en appuyant.
Une oie pouvait fournir entre 10 et 12 plumes de qualité et un écrivain utilisait en moyenne 5 plumes par jour .
Au 17ème et 18ème siècle le commerce de plumes d’écriture devient une affaire européenne. La Russie, la Lituanie, la Pologne ou la Poméranie se forgent une solide réputation mais les plumes les plus renommées venaient de Hollande : leur panache blanc leur conférait beaucoup d’élégance. En France, les villes d’Orléans et d’Auvillar dans le Tarn-et-Garonne connurent la célébrité. Auvillar fut favorisée par une région aux denses élevages de volailles et sa production s’éleva à la fin du 18ème siècle à plusieurs centaines de milliers de plumes qui s’exportaient jusqu’en Espagne.
Au XIXe siècle, les plumes métalliques ont remplacé les plumes d'oie. Vers 1850, l'usage de ces dernières déclinait et la qualité des plumes en acier avait été améliorée grâce à l'utilisation d'alliages durs d'iridium, de rhodium et d'osmium.
La rapide diffusion de la plume métallique, apparue en Angleterre au milieu du 19ème siècle, est venue mettre fin à l’industrie de la plume naturelle et sauva du même coup la tranquillité des institutrices et instituteurs, les délestant de la laborieuse tâche de « taille » des plumes qui les aurait attendus à la suite de l’obligation scolaire et de l’afflux d’élèves !
(Sources Musée de l’école à Montceau les Mines et Internet).
Dans les années 60, les écoliers écrivaient encore au PORTE PLUME.
D'abord interdit à l'école, le stylo-bille fait son apparition dans les trousses des écoles en 1965, et relègue rapidement le stylo-plume au second rang.
Il m'est arrivé d'écrire (et de dessiner) avec des vraies plumes d'oiseaux ramassées par ma fille.
Ca marche.
L'histoire vraie de "La femme qui n'avait pas vu le film Rabbi Jacob" Danielle Cravenne
La pièce de théâtre "La femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob", jouée depuis le 10 janvier, relate en partie l'histoire du combat de Danielle Cravenne, qui n'avait pas vu le film, mais pensait qu'il pouvait être néfaste en plein conflit israélo-palestinien (1973) :
voici son histoire vraie
18 octobre 1973. L’équipe des Aventures de Rabbi Jacob, le film de Gérard Oury avec Louis de Funès dans le rôle principal, attend avec impatience la sortie en salles. Le succès sera planétaire. Ce même jour, l’épouse de Georges Cravenne, chargé de la promotion du film, détourne l’avion Paris-Nice.
Parmi ses revendications (entre autre) : que toutes les bobines du film soient mises sous scellés.
La pièce relate l'acte désespéré de Danielle Cravenne, épouse du célèbre créateur des Césars, Georges Cravenne. Le 18 octobre 1973, en pleine guerre du Kippour, elle détourne un vol Paris-Nice pour exiger le retrait des bobines du film de Gérard Oury, craignant que cette comédie (qu’elle n’a pas vue) ne nuise à la réconciliation entre Juifs et Arabes.
Danielle Cravenne était brillante, belle et passionnée, jamais conformiste. Elle souffrait de l’injustice, de toutes les injustices. Elle connaissait et dénonçait l’incompétence, la corruption, les lâchetés du pouvoir. Elle était révoltée, généreuse et drôle, elle aimait rire et danser. Et elle adorait ses enfants. C’était une pacifiste convaincue dénonçant le conflit israélo-palestinien. Elle s’était convertie au judaïsme (pour son mari) mais elle était pro-palestinienne.
Elle a écrit trois pages pour le détournement de l’avion, les journalistes n’ont jamais eu accès à ces textes !
On peut parler d’exécution de sang-froid de la jeune femme . le souvenir de ses ultimes confidences, ses révélations sur les ministres Messmer et Marcellin (respectivement Premier ministre et ministre de l’Intérieur), ainsi que sur les « combines d’argent » qui concernaient alors les chantiers parisiens des Halles et de La Villette … M. Marcellin était vichyste ; il fût le grand promoteur des voltigeurs, ancêtres des Brav M destinés à pourchasser les manifestants.
Avant d’être abattue (par un tireur d’élite alors que les passagers étaient descendus), elle demandera aussi que les citoyens laissent de côté leur voiture, le génocide des populations étant plus important à ses yeux que le pétrole aux pompes à essence -l’histoire se répète-.
Georges Cravenne, ayant pour avocats Robert Badinter et Georges Kiejman, intente ensuite un procès à l'État français, mais est débouté.
Souvent les mensonges qui se dévoilent rendent manifeste la vérité. Ainsi, c’est en parfaite connaissance de son identité que Danielle Cravenne a été abattue ce jour-là. Certes pour offrir à l’Etat de Georges Pompidou un semblant d’autorité recouvrée (après mai-juin 68), mais aussi pour réduire au silence cette femme, sortie du droit chemin et qui en savait trop.
Il serait judicieux de rouvrir ce dossier, de reconnaître ce crime d’Etat. La famille de Danielle Cravenne a droit à des excuses officielles.
A lire : « Danielle veut la paix », de David Naïm (excellent livre).
Et, pour en savoir plus :
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50 ans après, la mort de Danielle Cravenne, un crime d'Etat
Le 18 octobre 1973, la femme du célèbre agent de relations publiques et producteur de cinéma Georges Cravenne, détourne un avion. La jeune femme laisse partir les passagers mais est froidement ...
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