Rues bétonnées, sols agricoles drainés, zones humides asséchées, haies arrachées, rivières rectifiées…
Nos pratiques ont appauvri les sols, aggravant davantage les crues dans l’ouest de la France . À force de perturber le cycle de l’eau et de détruire la capacité des milieux à l'absorber, les territoires sont plus vulnérables.
Sur la carte de Vigicrues, les tronçons en rouge sont en aval des bassins versants, ce qui veut bien dire que l’eau qui tombe en amont n’est pas retenue, tout se concentre dans les cuvettes, dans les exutoires, et déborde.
On a également altéré le cycle de l’eau verte, cette eau essentielle, contenue dans les premiers mètres du sol, qui est évapotranspirée par les végétaux. Avec nos sols appauvris, nos forêts uniformes, nos villes imperméables, on a détruit la capacité des milieux à absorber et à recycler la pluie.
Depuis l’après-guerre, les pratiques agricoles intensives ont engendré une perte de la capacité d’absorption et de stockage des sols. On a asséché les zones humides, arraché des haies et converti les prairies humides pour faire de grandes cultures. Par-dessus, le surlabour et les produits chimiques ont appauvri les sols en espèces vivantes. Sans matière organique, ils ne sont plus capables de retenir l’eau.
Construire des digues, canaliser des rivières, entretenir ces ouvrages… c’est extrêmement cher ! Ce faisant, on occulte les causes réelles des inondations, et on ne tient pas du tout compte des effets à venir du changement climatique.
hydrologie régénérative
Autour de Valence, des agriculteurs travaillent à concevoir des agrosystèmes qui ralentissent et répartissent l’eau de pluie. Cela passe par des ouvrages d’hydraulique douce comme des baissières ou des mares, mais également par des pratiques agroécologiques pour nourrir les sols, et par l’agroforesterie. Autrement dit, il s’agit de cultiver l’eau.
Sources : Reporterre.
"Autrefois, il n'y avait pas de réglementation sur l'urbanisation dans les zones inondables — ce qu'on appelle les plans de prévention des risques qui ont réglementé l'urbanisme. Ils n’ont été mis en place qu'en 1995, donc avant, on pouvait construire en zone inondable. Or, au tout début, par exemple à Saintes, ce sont les romains qui avaient construit la ville et eux s'étaient installés hors zone inondable (plutôt rive gauche). C'est au fur et à mesure, notamment avec la révolution industrielle, aux 18e et 19e siècles, qu'on est venu urbaniser dans la zone inondable et notamment en rive droite de Saintes".
Pour info, l'Abbaye aux Dames située rive droite date de 1047.