Les "jours heureux" ?
Réaction du Docteur Christophe Prudhomme, médecin urgentiste, après l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron le 13 avril 2020 :
Comme beaucoup d'entre vous, j'ai écouté le président Macron hier soir à la télévision. Long discours au ton compassionnel, ne voulant oublier personnes dans ses longs remerciements, peut-être si on veut y croire teinté d'une légère pointe d'autocritique mais vite tempérée par l'affirmation que d'autres pays sont dans le même situation, donc que ce n'est pas "de notre faute" si non manquons de masques et de tests. Puis comme d'habitude, des platitudes et des banalités avec un seul chiffre précis, répété de nombreuses fois : une date, celle du début du déconfinement.
Mais, monsieur Macron, je souhaite vous rappeler avec mes collègues que votre discours intervient un an après le début du mouvement de protestation des hospitaliers qui a débuté aux urgences de l'hôpital Saint-Antoine à Paris. Mouvement qui s'est élargi autour d'un socle revendicatif commun et nous aurions aimé cette fois-ci entendre des réponses précises et chiffrées à nos revendications. Il ne suffit pas de remercier les "héros" et de répéter à l'envi de vagues promesses concernant les moyens pour l'hôpital. Vous savez être précis et aligner les milliards quand il s'agit d'aider vos amis des entreprises et des banques. Alors je vais répéter quelques-unes de nos demandes : -une augmentation des salaires immédiate de 300 euros par mois pour l'ensemble des personnels; -l'annulation de la totalité de la dette des hôpitaux qui se monte aujourd'hui à 30 milliards d'euros; -l'embauche de 100 000 agents dans les hôpitaux et de 300 000 dans les EHPAD; -l'annulation et non la suspension comme l'a énoncé votre Premier Ministre des plans de restructuration des hôpitaux et des fermetures de lits.... J'arrête là ma liste sinon mon billet serait trop long. Alors, monsieur le Président nous ne pouvons nous contenter de vagues déclarations d'intention et de votre annonce en fin d'intervention des futurs "jours heureux". Citation du titre du programme du Conseil National de la Résistance à la limite de l'indécence dans votre bouche. Nous hospitaliers, nous voulons et nous nous battons pour un changement radical de politique pour l'hôpital public, ce qui passe par une réponse immédiate aux revendications très précises que nous portons depuis maintenant un an. Assez de promesses, des actes monsieur le Président.
Dr Christophe Prudhomme
Les enseignants sont les futurs contaminés
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Covid19: les enseignants ne seront pas les futurs "héros"
Les enseignants, d'après l'allocution du Président de la République, devraient reprendre le chemin de l'école le 11 Mai. C'est non. Ils ne seront pas les futurs héros de la Nation, sacrifiés ...
Les medias nous mentent (ce n'est pas nouveau)
Au nom du pluralisme, taisez-vous !
Une déclaration d’Acrimed qui invite les économistes à gages, les chroniqueurs et les éditocrates qui depuis trente ans chantent les louanges du libéralisme, à se taire au nom du pluralisme comme de la décence la plus élémentaire.
Voilà trente ans que les libéraux occupent tout l’espace médiatique, chantent les louanges de la mondialisation heureuse, de l’Europe des marchés, et de la baisse des déficits publics.
Trente années que ces zélateurs zélés du capitalisme nous abreuvent de doctrines libérales qui causent les crises, détruisent les emplois et bouleversent le climat.
Trente années qu’ils braillent contre les dépenses de l’État, appellent à réduire son périmètre, enjoignent d’alléger la pression fiscale, acclament la concurrence et roucoulent dès que l’on réduit le nombre de fonctionnaires.
Trente années qu’ils accompagnent la casse du droit du travail, qu’ils se félicitent des dividendes offerts aux actionnaires, prêchent inlassablement le « mérite » des riches et des rentiers. Trente années qu’ils accablent les travailleurs et les plus démunis, les « tire-au-flanc » et les « privilégiés » dans leurs médias gavés de subventions publiques.
Trente années que ces spécialistes de la pensée jetable se trompent sur tout. Qu’ils célèbrent la finance triomphante à la veille de la crise des subprimes. Qu’ils vantent la « solidarité européenne » quand sont imposées des coupes drastiques aux pays en difficulté. Qu’ils applaudissent, malgré la crise climatique, le capitalisme et le consumérisme effréné dans leurs médias saturés de publicités.
Trente années que les économistes à gages – qui cachetonnent dans les conseils d’administration des grandes entreprises du CAC40 – les chroniqueurs libéraux ou les simples éditocrates cadenassent la parole et monopolisent des plateaux faits par eux et pour eux.
De « l’État obèse » et « boursouflé » fustigé par Laurent Joffrin dans les années 1980 à la « suppression de la cinquième semaine de congés payés » prônée par Christophe Barbier en 2011, en passant par « la mondialisation heureuse » appelée de ses vœux par Alain Minc à la veille des années 2000, ils ont asséné tant de fois le même discours, le même message, qu’il est connu de tous, et par cœur : « Vive l’individualisme et le marché » ; « À bas la solidarité et la puissance publique » !
Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire, certains retournent (une nouvelle fois) leur veste : c’est l’État tant honni qui est appelé à la rescousse. Mais alors que le système de santé est à bout de souffle du fait des politiques libérales et des coupes budgétaires, alors que des vies sont en jeu, que penser des sommations à la « baisse des dépenses de santé » d’Éric Le Boucher ? Que penser des prophéties de Nicolas Bouzou en 2014, selon lesquelles « dans 10 ans, nous aurons deux fois trop de lits d’hôpitaux » ? Que penser des cris d’orfraie d’Agnès Verdier-Molinié contre « le taux d’absentéisme très élevé qu’il y a dans nos hôpitaux publics » ? Que penser enfin, en pleine crise du Covid-19, des railleries d’Yves Calvi contre « la pleurniche permanente hospitalière » (12 mars 2020) ?
Aujourd’hui plus que jamais, après ces trente années de captation de l’antenne, il est temps qu’ils se taisent.
Au nom du pluralisme comme au nom de la décence la plus élémentaire, nous demandons à Jacques Attali, Ruth Elkrief, Dominique Seux, Axel de Tarlé, Alain Minc, Jean Quatremer, Christine Ockrent, Jean-Michel Aphatie, Nicolas Baverez, Alain Duhamel, Christophe Barbier, Brice Couturier, Jacques Julliard, Franz-Olivier Giesbert, Arnaud Leparmentier, Éric Le Boucher, Nicolas Beytout, Yves de Kerdel, Élie Cohen, Christian de Boissieu, Raphaël Enthoven, François Lenglet, Daniel Cohen, Patrick Artus, Christian Menanteau, Éric Brunet, Yves Calvi, Laurent Joffrin, David Pujadas, Yves Thréard, François de Closets, Pascal Perri, Nicolas Doze, Jean-Marc Sylvestre, Nicolas Bouzou, Jean-Hervé Lorenzi, Olivier Truchot, Dominique Reynié, Philippe Dessertine, Agnès Verdier-Molinié et consorts, de ne plus prendre la parole dans les médias pendant trente ans.
Nous demandons également aux médias qui les emploient ou qui les invitent – et a fortiori les médias du secteur public – d’en profiter pour laisser la place, et faire entendre d’autres voix (qui ne soient pas leurs clones) pendant trente ans.
Dans trente ans, alors, on pourra débattre à armes égales.
Acrimed -observatoire des medias.
Post-scriptum : Nous ne doutons pas que le Conseil supérieur de l’audiovisuel veillera à ce que le pluralisme soit ainsi strictement respecté.
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Acrimed (acronyme d'« Action critique Médias ») est une association française loi de 1901, de critique des médias. Cet observatoire des médias a été créé en 1996 à l'initiative d'Henri Maler et de quelques autres (dont Patrick Champagne, sociologue proche de Pierre Bourdieu)1, dans la foulée du mouvement social de novembre et décembre 1995, en réponse à la façon dont les grands médias auraient pris parti contre ce mouvement et neutralisé l'expression de ses acteurss 1.
Se déclarant attentive à la vérification des faits, Acrimed réunit des salariés et usagers des médias, des chercheurs et des universitaires, et des acteurs de la vie associative et politique.
Quand Anne Roumanoff défend les infirmières :
Les médias sont formidables
Qui soignera les soignants infectés ? ils manquent d'effectifs et de lits depuis des mois
238 soignants ont été testés positifs à Strasbourg, 35 à Metz, environ 10 à Nice. À l’AP-HP, un mail révélé mardi 24 mars par Franceinfo faisait état d’une contamination de 490 personnes, dont trois placés en réanimation. Un chiffre en croissance exponentielle : ils étaient 345, soit un tiers de moins, le 20 mars................
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La crainte des soignants, surexposés au Covid-19
Particulièrement exposés au coronavirus, les personnels soignants redoutent d'être infectés et de devenir ainsi contaminants pour leurs proches et les patients. Une situation d'autant plus ...






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