PIF le chien a accompagné mon enfance
Mon premier héros de Bande dessinée, avant Gotlib, Reiser puis Wolinski, était Pif.
Pif le chien vit dans une famille de classe populaire formée du travailleur Tonton (César), de son épouse Tata (Agathe) et de l'enfant de la maison, Doudou. Pif et Doudou font les quatre cents coups au grand danger de se faire botter le train par le brutal Tonton qui ne craint rien au monde hormis le percepteur et sa tyrannique épouse. Hercule, chat brutal et faquin, œuvre corollairement à s'emparer du bifteck chapardé par Pif, mais Tonton et Tata sont un danger constant pour lui aussi. Parfois Hercule a le dessus, parfois c'est Pif. Doudou peut s'allier aux deux animaux ou les jouer l'un contre l'autre ou les trahir tous les deux.
José Cabrero Arnal, le premier dessinateur de PIF.
Depuis son plus jeune âge, José Cabrero Arnal était passionné de dessin. A Barcelone, sa ville natale, il inventa Top, le père de Pif, ainsi que de nombreux autres personnages. Arnal émigra en France, entre deux guerres, et il eut beaucoup de difficulté pour aller jusqu'à Paris en 1945. Cette même année, le journal "l' Humanité" eut besoin d' une petite bande dessinée comique et quotidienne. Ceci donna alors à Arnal l'occasion de créer Pif le chien, un petit chien très malin confronté aux problèmes contemporains : la faim et le logement. Pif apparut pour la première fois en 1945. Arnal était alors un dessinateur confirmé, et il s'exerça sur des travaux de genre différent de la BD, comme la publicité. Pif paru, à partir du 14 décembre 1952, dans le journal Vaillant, où il fut publié en couleur et où il prit une grande importance.
Franco prenant le pouvoir en Espagne, Arnal — combattant des milices républicaines — doit se réfugier en France en 1939. Il est interné comme tant de ses compatriotes dans les terribles camps installés sur les plages du littoral méditerranéen. Républicain et donc antifasciste, il souhaite continuer le combat et s'opposer aux nazis. Ceux-ci menacent aux frontières de la France aussi ; Arnal s'engage dans les Compagnies de Travailleurs Etrangers et part pour la ligne Maginot. Après l'offensive allemande et la défaite française, lui et ses compatriotes sont alors capturés et déportés par les nazis à Mauthausen.
De retour à Paris à la Libération en 1945, il rencontre René Moreu rédacteur en chef de VAILLANT et commence alors à dessiner dans le journal l’Humanité. En 1946, il obtient un grand succès avec sa série Placid et Muzo qui s'installe durablement en couverture de Vaillant. Le 26 mars 1948 paraît pour la première fois la série dessinée quotidienne de PIF LE CHIEN . Deux ans plus tard, celui-ci est rejoint par son compère, le chat Hercule au célèbre pansement sur la joue.
En 1969, Vaillant bénéficie d'une nouvelle version sous le nom de PIF GADGET dans lequel les séries fétiches d'Arnal continuent d'être publiées.
Né à Nice le 11 novembre 1920, René Moreu passe son enfance à Marseille, où son père est décorateur étalagiste, puis gérant de café. C'est à Marseille qu'après plusieurs petits métiers il entre comme mécanicien à l'imprimerie du Petit Marseillais. Réquisitionné sur un navire garde-côtes, René Moreu rejoint la Résistance en 1940. Il est atteint à partir de 1943 d'une grave maladie rétinienne. Il participe aux combats de la Libération de Paris.
Il est embauché par Vaillant pour y être durant quatre ans (1945-1949) le premier rédacteur en chef de cet hebdomadaire destiné à la jeunesse. Il se marie avec la directrice des Editions VAILLANT Madeleine Bellet et reste proche de la rédaction du journal, dont il est un des actionnaires « historiques », jusqu'aux années 1970. À ces mêmes éditions il crée en 1950-1951 les périodiques Riquiqui les belles images et Roudoudou les belles images, à destination des très jeunes lecteurs et dont il est le rédacteur en chef.















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