L'aérotrain, belle invention, qui n'a jamais vu le jour...
Un peu de rétrofuturisme pour commencer :
L’aérotrain français, belle invention, n’a jamais vu le jour.
Du train super rapide sur coussins d’air, il reste une ruine, abandonné dans les années 70 ; assassiné par le TGV .
Au Nord d’Orléans, une longue ligne droite dans une région désertique. Le monorail long d’une vingtaine de km, construit dans les années 60 entre Saran et Ruan, dans le Loiret
L’ingénieur Jean Bertin, son créateur, pensait qu’on allait pouvoir révolutionner le monde des transports. Propulsé par un turboréacteur alimenté au kérosène, il était supporté par un mini coussin d’air, pour un déplacement sans contact, sans frottements, ce qui pouvait permettre d’atteindre d’impressionnantes vitesses.
Mi chemin de fer, mi avion, il semble tiré d’un album de la seconde moitié du 20ème siècle type Bob Morane . Ses essais à plus grande échelle étaient envisagés au milieu des années 60. C’est sur ce monorail que le record du monde de vitesse d’un transport guidé a été battu en 1974, avec une pointe maximale de 422 km/h, se souvient Daniel Ermisse, pilote des différents prototypes. (Le TGV dépassera cette vitesse seulement en 1990 !).
Nouvellement élu président, Giscard d’Estaing va décider d’arrêter le projet, lui préférant d’autres options. Son épouse était directement liée à la famille Schneider , qui possédait le groupe industriel JEUMONT SCHNEIDER, en charge à l’époque du grand projet de train TGV. L’aérotrain fut sans doute victime de puissants lobbies. L’idée fait son chemin dans l’esprit des ingénieurs de la société de l’Aérotrain , de même que dans celui des élus locaux. Son génial inventeur, Jean Bertin, est dramatiquement emporté l’année suivante d’une tumeur au cerveau.
En 1992, Michel Guérin, ancien maire de Saran, avait, comme un hommage au travail des ingénieurs, pour projet d’inaugurer un « musée des transports innovants » à Saran. La veille du transfert du prototype 180-HV vers son nouvel écrin, un terrible incendie s’est déclaré dans le hangar qui l’abritait, à Chevilly . (!)... Quelques jours plus tard, les gendarmes n’avaient plus l’affaire en main et toutes les photos avaient été détruites ( !) . Pour les personnes présentes, il ne pouvait s’agir d’un accident. « cela a été commandité par Paris » et la proximité du hangar incendié avec un camp militaire chargé de la formation de potentiels barbouzes (ces agents de renseignements quasi clandestins chargés d’agir à l’international) n’en finit plus d’attiser les accusations…
Si l’histoire s’était déroulée comme prévu, l’aérotrain serait aujourd’hui le transport de référence sur l’ensemble du territoire français. Au lieu de ça, c’est au Japon qu’une variante de celui-ci a vu le jour. Là-bas, le descendant direct de l’invention de Bertin bat tous les records de vitesse . En 2015, il a dépassé les 600 km/h. Preuve que si l’aérotrain était coupable d’une chose, c’est d’avoir été bien trop en avance sur son temps.














