Roger Griffon - Qui était-il ?
Né à Surgères le 2 janvier 1913, mort à Biard le 3 septembre 1943. Cheminot, il était membre du parti communiste et résistant.
En 1941, le parti communiste clandestin crée "l'organisation spéciale" chargée de récupérer des armes, de constituer des maquis, de saboter. Ces O.S. deviennent l'ossature locale de la compagnie de Saint-Just des FTPF Francs-Tireurs Partisans Français. Jean Poilane, responsable local de cette compagnie, est arrêté le 22 mars 1942 et remplacé par Roger Griffon. Celui-ci est arrêté le 16 juin 1943 à Saintes puis transféré à Poitiers. C'est près de cette ville, dans un lieu isolé situé sur la commune de Biard, qu'il est fusillé le 3 septembre suivant. Un monument a été élevé à la mémoire des 130 résistants fusillés à cet endroit de 1942 à 1944.
Une cité en bois provisoire fut construite près du chateau d'eau de la Grève, en 1945, pour reloger les sinistrés. Le provisoire dura jusqu'en 1974. La cité portait le nom de Roger Griffon. La rue qui la traversait fut dénommée de ce même nom le 2 décembre 1981.
Sources : Saintes et l'histoire de ses rues. Société d'archéologie et d'histoire de la Charente Maritime 1992.
Louis Sercan - Qui était-il ?
Né le 13 avril 1905 à Saint Nicolas (Lot et Garonne), mort à Oranienburg-Sachsenhausen le 13 février 1945.
Cheminot, ancien secrétaire général de l'union locale CGT de Saintes, arrêté pour faits de résistance le 14 septembre 1942, Louis Sercan est déporté le 23 janvier 1943 dans la province de Brandebourg Allemagne (v.sq.Philippe-Bonne). La rue qui porte son nom à Saintes a reçu cette dénomination en 1946.
Ouverte en 1850, cette rue fut dénommée la même année rue du Séminaire. On y a découvert une portion de mur romain. La Bourse du travail, créée en 1900 19rue Cuvillier, s'est installée dans les locaux actuels aménagés en 1938 rue du Séminaire.
Robert Daugas - Qui était-il ?
Cheminot, résistant - Né le 6 juin 1912 à Cognac, fusillé le 4 octobre 1943 à Biard, près de Poitiers ; mécanicien ajusteur-monteur à la SNCF ; militant syndicaliste, socialiste puis communiste, résistant Front national FTPF.
Une sale porte son nom à la Bourse du Travail de Saintes (17).
Robert Daugas était le fils de Clément Emile Daugas, ajusteur, âgé de 26 ans et de son épouse Germaine Bouyer, tailleuse, âgée de 24 ans, alors domiciliés à Niort. Célibataire, domicilié à Saintes 55 rue de Taillebourg, Robert Daugas était employé aux ateliers ferroviaires de Saintes depuis le 4 juillet 1936. Militant socialiste et syndicaliste, il rejoignit, en compagnie de Roger Griffon un groupe de résistants formé au dépôt SNCF au cours de l’hiver 1940-1941 par deux cheminots militants socialistes Charles Launay et Camille Girème. Il était en contact avec René Brandet et Roger Guintard, des jeunes du même âge travaillant ensemble et tous amateurs de rugby. Des liaisons furent établies par la suite avec la CGT clandestine et trois mouvements de résistance Libération-Nord, l’OCM et le Front national. En octobre 1942, Robert Daugas fût contacté par un nommé Bertin, dirigeant du Front national pour la Charente-Inférieure. Il devint responsable politique à Saintes et, sous le pseudonyme de David, fût chargé du recrutement et de la propagande en coordination avec Charles Launay, Roger Griffon et Joseph Nadan, ce dernier FTP et responsable des jeunesses communistes pour le secteur de Saintes, La Rochelle et St Jean d’Angély.
Daugas, socialiste avant guerre, semble ainsi avoir rejoint pendant la guerre la mouvance communiste. Il bascula dans la clandestinité le 8 novembre 1942 et il effectua alors plusieurs missions à Paris –où l’interrégional Duroc lui remit des faux papiers et où il aurait été en contact avec Pierre Brossolette –ainsi qu’en Belgique et aux Pays bas. Le 20 novembre 1942, il fût envoyé par le PCF à Bordeaux où il remplit les fonctions de commissaire technique FTP chargé de la gestion des stocks d’explosifs.
Il fût arrêté le 7 février 1943 au cours d’une nouvelle mission dans une rue de Paris par la police française et trouvé porteur d’une lettre. Remis aux allemands, interné du 8 février au 15 ou au 23 avril 1943 selon les sources à la prison de la Santé à Paris, il fût transféré à Bordeaux pour témoigner « dans une affaire d’ordre politique ». Interné au fort du Hâ jusqu’au 3 juillet 1943, il fût ensuite transféré à la prison de la Pierre levée de Poitiers. Il fût condamné à mort par le tribunal militaire de la Feldkommandantur 677 en septembre 1943 pour « intelligence avec l’ennemi » et sa condamnation ayant été confirmée par le MBF le 2 octobre, il fût passé par les armes sur la butte de Biard le 4 octobre 1943 avec sept autres résistants FTP, parmi lesquels Firmin Sapin, Guy Thomas, Roger Griffon et Charles Launay. Il fût inhumé au cimetière de Croutelle (86).
Chargé de mission de 3ème classe, agent de liaisonP2, il fût homologué au grade sous-lieutenant le 26 avril 1948. Déclaré « mort pour la France », il fût reconnu « interné résistant » le 20 avril 1954.
Une rue de Cognac porte son nom, lequel est inscrit en gare de Saintes sur une plaque commémorative.
Sources : SHD-PAVCC, Caen – Cheminots victimes de la répression 1940-1945, Mémorial Thomas Fontaine (dir), notice biographique p.451-452, Stéphane Robine, Paris, Perrin-SNCF,2017 –















