C'est arrivé à Marcel
1899. Paris.
Désireux de faire un cadeau à sa fiancée, aristocrate, à l’occasion de sa fête, Marcel se rend aux Dames de France, grand magasin de nouveautés, et achète une paire de gants ; sa sœur qui l’accompagne en profite pour acheter deux culottes de soie.
Surchargée de travail (déjà), la vendeuse se trompe d’adresse et envoie les culottes à la fiancée, accompagnées d’une lettre que le jeune homme avait prié de joindre au paquet :
« Ma chérie,
N’ayant pas le bonheur d’être auprès de toi pour ta fête, je t’adresse un petit présent qui te dira où est ma pensée en ce moment . Mon choix étant difficile, si je me suis décidé pour cet article, c’est que j’ai remarqué que tu n’en portais pas.
Ma sœur me conseillait de les prendre longs, mais la vendeuse m’a affirmé que la mode était aux courts, avec un bouton sur le côté. Elle en porte depuis trois mois ; elle me les a montrés. Ils sont encore propres et à peine froissés.
Ma chérie, si je pouvais te les enfiler moi-même pour la première fois, quel bonheur serait le mien, mais hélas, je ne pourrai te voir que dans quelques jours ! Alors, je me résigne à savoir que la main de beaucoup d’autres les frôleront avant la mienne. Ensuite, j’espère que tu les porteras et qu’ainsi tu penseras à moi plusieurs fois par jour en les mettant et en les enlevant.
T’iront-ils aussi bien qu’à la vendeuse à qui je les ai fait essayer, elle semblait avoir la même taille que toi. Je l’ai bien observée pendant ce temps ; l’effet était ravissant. Je suis certain qu’il en sera de même pour toi.
Permets-moi de te donner un conseil ; lorsque tu les enlèveras pour la première fois, souffle dedans pour qu’il ne reste plus d’humidité et mets un peu de talc pour qu’ils glissent mieux.
En attendant de te les voir porter, je dépose un long baiser sur la douce peau qu’ils vont recouvrir ».








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