Octave et Philomène Courtoisie vont rater l'omnibus
Juin 1869. Octave et Philomène Courtoisie se promènent sur les grands boulevards, bien décidés à s’encanailler aux Folies Bergère, ce cabaret qui fait courir le tout Paris. Faisant référence aux maisons de divertissements du XVIIIème siècle les « Folies », rue Bergère, d’où son nom de Folies Bergère. Revues et music-hall sont alors le grand divertissement d’une certaine tranche de la population parisienne, avide de défoulement, de musique et de gaieté.
En 1853, Napoléon III venait de prendre le pouvoir ; Il avait de grands projets pour ce qu’on appelait depuis plus de cent ans « l’embellissement de Paris ». A cet effet, il nomma le baron Haussmann préfet du département de la Seine.
Ce dernier le restera jusqu’à la chute du Second Empire en 1870, soit 17 années durant lesquelles Paris va changer davantage que dans les deux ou trois siècles précédents. Considéré par ses détracteurs comme celui qui a détruit le vieux Paris, il bâtit de larges avenues et boulevards
afin d’aérer une ville qui suffoque, avec ses rues étroites et engorgées. Les prix monteront en flèche.
Les objectifs d’Haussmann sont aussi politiques ; 6000 barricades d’émeutiers en 1830 dans le centre de Paris, idem en 1848, il s’agit pour lui d’en finir avec la topographie d’un vieux Paris dont le dédale de rues et de ruelles s’est avéré par trop favorable aux émeutiers : il suffit de renverser une charrette, d’y ajouter meubles, matelas et pavés, et voici une forteresse qu’une poignée d’hommes décidés peuvent tenir des heures face à des troupes incapables de manœuvrer efficacement dans un espace aussi exigu. Charges de cavalerie, tirs en enfilade de l’artillerie, progression en ligne de l’infanterie ce qui convient à l’armée, ce sont des avenues bien larges, bien droites, de grands espaces découverts où force restera aux professionnels du maintien de l’ordre dans ce qu’on appelle à l’époque « la guerre de rues ». Et tant pis s’il faut pour cela raser toute une partie du centre historique de Paris.
D'ailleurs, comme c’était là des quartiers éminemment populaires, qui avaient fourni la grande masse des émeutiers lors des différentes « journées » révolutionnaires, Haussmann faisait d’une pierre deux coups en contraignant une importante partie de la population ouvrière à se réinstaller à la périphérie de Paris, à l’Est, et dans les communes avoisinantes comme Montmartre ou Belleville, où les loyers étaient moins élevés.
Sources : Folies Bergère Wikipédia –
Livre « PARIS », de Jean-Louis Houdebine.
Ancien chargé de cours à l’Université de Paris VII, Jean-Louis Houdebine a consacré de nombreuses études à la littérature moderne. Grand amateur de jazz, il a traduit les grandes biographies américaines parmi lesquelles celles de Louis Armstrong et de John Coltrane.
A suivre…





















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