Située au-devant d’une ancienne porte de l’enceinte gallo-romaine, la place Gordaine a eu vocation de marché dès l’époque médiévale. Les changeurs s’y étaient établis, ainsi que les bouchers et les poissonniers dont les activités nécessitaient la présence de l’eau; l’Yévrette, rivière artificielle créée avant le XIe siècle, longeait le tracé de l’actuelle rue Mirebeau. Les maisons en pan de bois ont conservé leur pignon sur rue et leurs deux étages. Leur décoration sculptée reste gothique : choux frisés, accolades mais aussi grappes de raisin.
La rue Bourbonnoux descend du chevet de la cathédrale jusque vers la place Gordaine. Elle est identique à ce qu'elle était au moyen âge, et les pavés, s'ils font les délices des amateurs de patrimoine urbain, sont une calamités pour les dames à talons aiguille….. Pendant plusieurs siècle, cette rue aura pour nom, "vicus Burbonensis", sans doute à cause de la route qui allait de Bourges à Bourbon-l'Archambault, elle changera de nom une seule fois, à la Révolution, pour prendre l'appellation conforme à l'actualité d'alors : "rue des Bonnets-Rouges".
Elle comporte aujourd'hui de nombreuses boutiques, très typiques, avec des décorateurs, antiquaires et autres luthiers. Descendant de l'oppidum vers la porte Gordaine, elle est agréable, avec de nombreuses maisons en pan de bois datant de la fin du XV e siècle. La couleur des poutres apparentes pouvant être de couleur marron, bleue ou… rose. Ces teintes sont homologuées et précisées par les Monuments Historiques, car, contrairement à ce l'on pense parfois, ce sont des couleurs du moyen âge, beaucoup plus coloré qu'on le perçoit généralement.
A l'angle de la rue Bourbonnoux et de la rue des rats (rebaptisées fort heureusement rue de La Thaumassière), se trouvait l'Hôtel le plus couru du moyen âge, "l'Hôtel du Bœuf Couronné". Il est devenu depuis quelques années, une maison d'Hôte qui a repris le nom des "Bonnets Rouges".
La rue Mirebeau prend la suite en continuité de la rue Bourbonnoux, elle est située au pied du rempart, et il est possible de traverser le rempart et de sortir rue Branly, par un escalier "casse cou", très typique de ces passages piétons du moyen âge.
Cette rue s'appelait "Vicus Infernus" qu'il est possible de traduire par la rue de l'Enfer, car ce devait être un lieu particulièrement dangereux…. Et à l'opposé, lorsque l'on remonte l'escalier casse-cou, on arrive dans "la rue de Paradis", tout un programme !
C'est une rue devenue piétonne dans les années 1980, elle comporte de grandes et magnifiques maisons en pan de bois. Certaines sont séparées par un mur pare-feu, en pierre de taille. Ce mur fait suite à la destruction par l'incendie de la Madeleine de 1487, de l'ensemble des habitations, et lors des reconstructions qui ont suivies, les architectes, prudents ont voulu mettre ces cloisons pour éviter le retour de telles catastrophes.