Traité d’interdiction des armes nucléaires
Une victoire des mobilisations citoyennes
L 'adoption à l'ONU le 7 juillet 2017 d'un traité
d'interdiction des armes nucléaires par 122
pays est une victoire à mettre à l'actif des mil-
lions de personnes et d’ONG qui, à travers le
monde, pendant des dizaines d'années ont agi pour l’éli-
mination des armes de destruction massive en conver-
gence avec les actions d'un certain nombre d'États et
d’institutions nationales et internationales comme l’ONU,
la Croix Rouge internationale, l’OIT (organisation interna-
tionale du travail), la CSI (confédération syndicale interna-
tionale), etc.
Les armes nucléaires constituent un danger mortel
pour l’humanité. Les enjeux que sont, la paix, un déve-
loppement juste et durable, le réchauffement climatique
et plus largement la construction d’un monde de justice,
de fraternité et d’égalité, restent plus que jamais à l’ordre
du jour.
Jamais l'humanité n'a autant qu'aujourd'hui disposé des
capacités et des moyens pour faire face à ces enjeux, et
créer les conditions pour que chaque être humain puisse
vivre en paix et en sécurité.
La recherche du profit immédiat et maximum alimente le
commerce des armes et la course aux armements y com-
pris nucléaires.
Cette logique favorise le développement du complexe
militaro-politico-industriel (et donc l'accroisse-
ment des dépenses militaires) qui contrôle aussi le pou-
voir médiatique à tel point qu'en France l’adoption du
traité d'interdiction des armes nucléaires a été quasi tota-
lement passée sous silence.
Il ne faut pas sous-estimer le succès que constitue
ce traité, mais il ne faut pas non plus sous-évaluer la dé-
termination des partisans des puissances nucléaires, dont
la France et les Usa, pour retarder l’élimination et dissua-
der les « petits » Etats de ratifier ce traité.
Si l’aspiration des peuples à la paix est immense,
le complexe militaro-industriel a un poids considérable.
L’aspiration à vivre en sécurité et en paix ne peut
être concrétisée à travers l'augmentation des dépenses
d'armement ou la sophistication des armements y compris
nucléaires, mais par des solutions alternatives pour la
paix, basées sur la réalisation de tous les droits humains,
sur le développement durable, la confiance, la prévention
des conflits par le dialogue multilatéral et le désarme-
ment.
Le droit international ayant posé avec force, à travers
le TNP (Traité de Non-prolifération Nucléaire)
et le traité d’interdiction, le principe de l’illégalité
des armes nucléaires, nous devons aujourd’hui
mobiliser pour imposer son application, et exiger la
ratification de ce traité par la France.
En France le Président de la République et la majorité
gouvernementale actuelle sont favorables à la
dissuasion nucléaire, à la militarisation des relations inter-
nationales, aux interventions militaires à l’étranger et à
l’alignement sur les politiques de l'OTAN.
Cette politique est marquée par deux orientations
principales extrêmement graves :
¨la volonté de quasi doubler le budget consacré
aux armes atomiques (de 3,5 à 6 ,5 milliards par an) afin
de renouveler la flotte de sous-marins nucléaires de l’Ile
Longue
¨la volonté de porter le budget militaire de la
France en 2020 à 2 % du PIB, soit à terme une augmen-
tation de 10 milliards par an, comme le demande l'OTAN,
donc de favoriser la militarisation de l’Europe.
Pour dénoncer cela et exiger la ratification
par la France du traité du 7 juillet
2017
Arlette AZAN