CHARB
LE CHASSEUR DE CONS
Depuis qu’il avait pris la tête de CHARLIE en 2009, Stéphane Charbonnier lui avait redonné des couleurs. Celles d’un combattant de la laïcité à l’humour ravageur.
Maurice et Patapon, ce chien obsédé sexuel et ce chat sadique illustraient ses délires crayonnés.
Et les gros nez dont il affublait ses personnages…
Charb prit les rênes de CHARLIE HEBDO après le départ de Philippe Val pour France Inter. Il a perpétué l’esprit libertaire qui fut aux origines du journal. Ce souffle soixante-huitard, après son passage à « la Grosse Bertha » en 1991 ouvre la voie à une nouvelle génération de dessinateurs : Luz, Riss, dans le sillage des « historiques » : Gébé, Cabu, Wolinski. Né un an avant les barricades de la rue Gay-Lussac d’un père fonctionnaire PTT et d’une mère secrétaire, Charb était venu au dessin par admiration pour Cabu.
Au lycée de Pontoise, il passait le plus clair de son temps à buller, le crayon à la main et la tête dans les étoiles. Plus tard, l’élève travaille aux côtés du père du Grand Duduche (Cabu).
Laïc, foncièrement anticlérical et viscéralement athée, c’était un bouffeur de curés autant que d’imams et de rabbins, mais aussi de militaires. Etre accusé de racisme ou d’islamophobie le mettait hors de lui ; il se plaisait à tenir une chronique sous le titre « Charb n’aime pas les gens ». En fait, il n’aimait pas les cons. Adepte du slogan « mort aux cons », l’indépassable précepte d’HARA-KIRI, ancêtre de CHARLIE, Charb y ajoutait une petite touche personnelle : « A bas les fumeurs ».
Sa maxime : « Je préfère mourir debout que vivre à genoux » .
Il y a été fidèle jusqu’au bout.
Source : Le Nouvel Obs.
Mon dessin du 20 février 2019 :




