J'ai regardé la vidéo du procès de Maurice Papon

Publié le par Eliane Roi

Jusqu'à son dernier souffle, Maurice Papon aura été convaincu de son bon droit ! A tel point que réagissant à son décès, un de ses avocats au procès de Bordeaux, Me Francis Vuillemin, ait cru utile de préciser qu'il  "était mort en homme libre alors qu'il s'apprêtait à mener son dernier combat : l'action en réhabilitation"     (        ).

 Sauf à considérer que le procès d'assises qui s'est déroulé sur les bords de la Garonne de l'automne 1997 au printemps 1998 était une fiction, force est de constater que son conseil fait preuve d'un mimétisme et d'une conviction de pensée inquiétants.

Car, enfin, l'instruction et le déroulement du procès n'ont guère laissé planer de doutes sur l'action du trop fidèle et zélé fonctionnaire du régime de Vichy.

(voir les témoignages édifiants, au cours du procès,  des enfants survivants des rafles puis orphelins . Revoir les textes signés de la main du sieur Papon qui n'a eu de cesse de se poser en victime).

Quand bien même, il a tenté de se racheter une conduite de résistant et de gaulliste presque historique lorsqu'il s'est rendu compte que le vent tournait, il n'aura jamais pu se défaire de son image de parfait exécutant/exécuteur des pires basses oeuvres des Nazis. Le drame, c'est que devenu bon gaulliste, il n'ait non seulement jamais admis s'être trompé mais a fait montre d'une xénophobie tout aussi détestable en réprimant de manière excessive les manifestations pro-algériennes dans le Paris du début des années 60 puis au métro Charonne en 1962, avec des morts à la clé. Le serviteur de Pétain se mua en bon petit soldat gaulliste. Pire, à l'époque, toute l'information, toute la recherche historique avaient été cadenassées, car la raison d'Etat et la grandeur de la France excluaient toute repentance. Il a fallu les travaux de l'historien américain Robert Paxton pour que les jeunes Français apprennent, enfin, que leur passé de guerre ne fut pas seulement vert de gris mais aussi très gris sur fond bleu blanc rouge...

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