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Eliane Roi

Preston Tucker - l'homme et son rêve

Preston Tucker naît en 1903 dans une ferme  dans le Michigan. Il grandit dans la banlieue de Lincoln Park, près de Detroit. Il est élevé par sa mère, une enseignante, après que son père est décédé d'une appendicite alors que Preston n'avait que deux ans. Ayant commencé à apprendre à conduire à onze ans, Tucker est obsédé par les automobiles dès son plus jeune âge. À l'âge de seize ans, il commence à acheter des modèles récents, les répare voire les rénove et les revend à profit.

 

Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve

Il fréquente la Cass Technical High School (en) à Detroit, mais il abandonne l'école et obtient un emploi de garçon de bureau pour la Cadillac Motor Company, où il utilise des patins à roulettes pour effectuer ses tournées plus efficacement. En 1922, le jeune Tucker rejoint le département de police de Lincoln Park (Michigan) (malgré les réticences de sa mère). Son intérêt est attisé par son désir de conduire des voitures et des motos de police rapides et performantes. Sa mère le fait retirer des forces de police, signalant aux fonctionnaires qu'à dix-neuf ans, il n'a pas l'âge minimum requis par le ministère.

 

Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve

Il se marie à vingt ans, en 1923. Lui et sa nouvelle épouse, Vera, prennent ensemble un bail de six mois pour une station-service près de Lincoln Park. Vera gère la station pendant la journée, pendant que Preston travaille sur la chaîne de montage de la Ford Motor Company. Au cours des deux derniers mois à la station-service, il commence à vendre des voitures Studebaker.

 

Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve

Le bail expiré, il quitte Ford et retourne dans la police. Lors de son premier hiver au sein des forces de l'ordre, il est interdit de conduite pour avoir utilisé un chalumeau pour percer un trou dans le tableau de bord d’un véhicule afin de permettre à la chaleur du moteur de réchauffer la cabine.
Il rencontre un vendeur d’automobiles, Michael Dulian, qui deviendra plus tard directeur des ventes de « Tucker Car Corporation ». Dulian embauche Tucker en tant que vendeur de voitures chez son concessionnaire de Detroit. Il réussit très bien, mais le concessionnaire est loin de son domicile à Lincoln Park. Tucker démissionne donc et retourne dans la police pour la dernière fois.
Quelques mois plus tard, Dulian, toujours impressionné par le succès immédiat de Tucker en tant que vendeur, l'invite à déménager avec lui à Memphis (Tennessee) pour y occuper un poste de directeur des ventes. Dulian est transféré quelques années plus tard, mais Tucker reste à Memphis et est représentant chez Ivor Schmidt (Stutz) et John T. Fisher Motor Company (Chrysler), où il devient directeur général des ventes. Tout en gérant les ventes de Chrysler à Memphis, il établit une connexion avec Pierce-Arrow.
En 1933, il s'installe à Buffalo (New York), et devient directeur régional des ventes pour les automobiles Pierce-Arrow. Deux ans plus tard, il retourne à Détroit et travaille comme vendeur Dodge pour Cass Motors.

 

Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve

Les courses automobiles et les 500 miles d'Indianapolis (1932-1939)


Au début des années 1930, Preston Tucker entreprend une randonnée annuelle d'un mois sur l'Indianapolis Motor Speedway. Intéressé par les voitures de course et leurs concepteurs, il y rencontre Harry Miller, fabricant ayant le plus de moteurs vainqueurs aux 500 miles d'Indianapolis que tout autre au cours de cette période.
photo indianapolis .
Il déménage à Indianapolis pour être au plus près du lieu de développement des voitures de course. Il travaille en tant que gestionnaire des transports pour un distributeur de bière, supervisant le parc de camions de livraison pour la compagnie.

Preston Tucker  - l'homme et son rêve

Meilleur ingénieur que commerçant, Miller se déclare en faillite en 1933 et est à la recherche de nouvelles possibilités. Tucker persuade Miller de le rejoindre dans la construction de voitures de course. Ensemble, ils fondent « Miller and Tucker, Inc. » en 1935. Leur première tâche d'ambition est de modifier dix moteurs V8 pour Henry Ford, car ils veulent convaincre Edsel Ford, puis son père Henry, de construire une voiture de course dérivée des Ford V8 de série, pour l’édition 1935 d'Indianapolis. Cependant, le temps nécessaire pour développer et tester les voitures est insuffisant. Les boîtes de direction de tous les participants surchauffent et se bloquent, les obligeant à quitter la course. La conception a été perfectionnée par la suite, avec des exemples présentés à Indy jusqu'en 1948.
Miller et Tucker, Inc. poursuivent le développement de voitures de course et diverses autres entreprises jusqu'à la mort de Miller en 1943. Tucker était un ami intime de Miller et a même aidé la veuve de Miller à payer les frais funéraires de son mari.
Tout en travaillant avec Miller, Tucker rencontre les frères Chevrolet et le mécanicien et ingénieur en chef, John Eddie Offutt, qui l'aidera plus tard à développer et à construire le premier prototype de la Tucker '48. La personnalité extravertie de Tucker et son implication à Indianapolis le font connaître dans l'industrie automobile dès 1939.

En 1939, il retourne avec sa famille dans le Michigan et achète une propriété à Ypsilanti. Il y rénove une vieille grange dans laquelle il ouvre et exploite un atelier de fabrication de machines Ypsilanti Machine and Tool Company, dans le but de développer divers produits automobiles.
Construction d'automobiles

En 1944, il lance une audacieuse campagne de financement pour construire une berline très innovante, la Tucker '48. Il réussit à louer l'usine de moteurs d'avions Dodge-Chicago, fermée depuis la fin de la guerre, mais il n'y produit qu'une cinquantaine d'exemplaires.
 

 

Preston Tucker  - l'homme et son rêve
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Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve

En 1949, la commission de surveillance de la bourse (SEC) met Preston Tucker en accusation, car beaucoup des promesses techniques sophistiquées de sa Tucker '48 ne sont pas tenues. De son côté, Preston Tucker accuse les « trois grands » de l'automobile (General Motors, Ford et Chrysler) de chercher à le couler.
Il est finalement innocenté, mais les difficultés financières placent sa société en liquidation. Quant au futur coupé Tucker Talisman, il ne dépassa jamais le stade de la table à dessin.

 

Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve

La Tucker ‘48 est une voiture concept-car du constructeur automobile américain Tucker Car Corporation. Baptisée « la voiture du futur des années 1940 » elle est produite à 51 exemplaires entre 1947 et 1949.

Preston Tucker meurt d'un cancer le lendemain de Noël 1956.

____________________________

 

 

Le 21 septembre (2020), arté nous a enchantés avec ce très beau film de 1988  "l'Homme et son rêve", de Francis Ford Coppola  relatant une partie de la vie de Preston Tucker. La reconstitution des voitures, vêtements, ambiance de l'époque des années 40 était sublime.  Un film à revoir.    


photos du film

 

Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
Preston Tucker  - l'homme et son rêve
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R
Un grand monsieur, comme dit Dom, mais que je viens seulement de faire connaissance grâce à toi !
bises
E
Mon non plus je ne connaissais pas cette histoire, Jean-Pierre non plus ; on a bien fait de choisir ce film sur arté l'autre soir, on ne l'a pas regretté, et à présent on connait cette histoire et ce film magistral. A revoir.
F
Merci Éliane pour cet article complet et bien documenté sur ce constructeur talentueux et original qui a produit 49 Tucker qui révolutionnaient le genre automobile en matière de confort et de solutions pratiques avec pur base des moteurs d'hélicos, si je me souviens bien.
J'ai vu le film bien sûr mais, c'était à la télé une rediffusion, il y a bien une vingtaine d'années.
Le dernier article publié sur mon blog est, lui aussi un évocation automobile ; je te laisse découvrir.
Bise des farfadets du Poitou...
E
Le film date de 1988 mais n'a pas pris une ride. On pourrait penser qu'il a été tourné avant-hier. Ce Coppola est une grand réalisateur. On peut remercier arté pour le choix de ses programmes judicieux.
C
Hooo.!..conté et non "compter"....au piquet avec un bonnet d'âne...
C
Superbe film...historique ! Hé oui ! Car nos deux cinéastes n'ont pas eu à ce "fouler" pour le scénario; ils ont compter sans aucune fioriture, ou presque, cette période de la vie de Tucker...et c'est tant mieux. Car pour un citoyen lambda cette réalité, là, dépasse l’imagination et se suffit à elle même. Ceci film dénonce aussi, en arrière plan, l'hypocrisie et le cynisme du monde du capital. Qui prétend défendre la liberté d'entreprendre...mais ne laisse ce choix qu'à ceux (ou presque) qui sont assis sur leur tas de dollars et pillent sans vergogne les idées et le travail des autres..(quand ils ne les suppriment pas !) Combien de chercheurs, d'ingénieurs, d'inventeurs géniaux ont été dépossédés de leurs travaux, ne pouvant assurer le prix d'un brevet...faisant ainsi "gonfler" la fortune d'un "financier" ou d'une multinationale...? Combien d'inventions, de trouvailles géniales ont et sont mis sous le boisseau, éliminées, parce qu'elles faisaient de l'ombre ou contrariaient les plans et profits de ceux qui détiennent les pouvoirs dans les conseils d'administrations ? Alors que ces inventions et trouvailles auraient pu être mis au services de la collectivité Humaine...mais ça, ce n'est plus du cinéma !
R
Ton article est passionnant. Il me renvoie à la nostalgie: mon beau-père à eu l'occasion d'aller aux states avant la guerre de 40. Il y avait visité les usines Ford à Détroit. Bises
E
Bonjour Anny ! Merci pour ton passage ; si tu pouvais avoir des photos de 1940 à Détroit... mets-les dans ton blog ou envoie-les moi par mail, je les mettrai dans mon blog. Ton beau-père a dû se régaler.
Le film est très beau et lorsqu'on cherche à en savoir pluss, on tombe sur des photos extraordinaires de l'époque ; je me suis régalée. Il peut pleuvoir.
Grosses bises !
P
bonsoir Eliane, il est merveilleux ton dernier article, un homme et sa passion, je ne connaissais absolument pas Tucker, ni le film de Coppola, mais j'ai trouvé ta presentation tres interessante, j'ai appris beaucoup de choses, le monde fourmille de gens comme ça passionnés, et nous ne les connaissons pas toujours, merci pour cet article, portez vous bien, amities et bises
E
La magie du cinéma a opéré. Lorsque je lis un livre passionnant ou lorsque je vois un film génial, je cherche toujours à en savoir pluss sur Internet (c'est le bon côté du Net) et en piochant, on se retrouve souvent dans un passé riche en beauté, passions et anecdotes. (Je suis fan aussi des années 40 - 50 - 60). Les critiques du film disent toutes que ce film n'a pas eu le succès qu'il aurait dû avoir, je confirme, et on peut remercier arté de nous avoir offert une si belle soirée.
Je t'embrasse.
C
quand la passion veille, les hommes sont capables de réaliser leurs rêves !
amitié .
E
Oui, Marie-Claude, et les Américains de l'époque aurait dû laisser cet homme poursuivre ses créations, il était ingénieux, au lieu de se bouffer entre eux sur l'autel du profit et de la concurrence (encore).
Les images m'ont enchantée par leur beauté ; ces voitures étaient maginifques. Georges Lucas en possède une et Coppola en possède deux -il voulait réaliser un film sur Tucker depuis toujours ; c'est fait-.
Excellente journée !
D
Superbe hommage, bien documenté, sur ce grand monsieur et sa passion !
Merci.
E
Merci ma Dom. Je suis sûre que si on avait visionné ce très beau film ensemble, on se serait régalées en commentaires tant sur la beauté des carrosseries des bagnoles que sur les fringues de l'époque et sur l'atmosphère qui se dégage du film. C'est LE film vintage par excellence, il n'est pas assez connu. J'ai passé l'après-midi à chercher des images de l'époque, de la vie de Tucker, et du film. Lorsqu'ils y mettent les moyens, les réalisateurs sont capables de nous pondre des films bourrés de nostalgie et d'enchantement avec costumes, musique des années 40, ambiance, voitures, motos et locaux industriels............ tout ce qu'on aime. En t'écrivant ces mots, j'ai dans la tête de la musique de jazz, des coiffures et des belles voitures des années 40. J'écris souvent sur le 19ème siècle, et pas assez sur les années 40 50 à mon avis ; cette époque était belle aussi (hormis cette putain de guerre) et les photos du Net sont superbes. Je vais m'y atteler.
Je t'embrasse.
Excellente journée !