Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

mes créations DO IT YOURSELF- dessins et photos STEAMPUNK et SHABBY CHIC, courants artistiques. STEAMPUNK CRAFTS - unique contact : eliane.roi1@orange.fr

11 Sep

le scandale des casinos (jeux) - septembre 2016-

Publié par Steampunk La Rochelle

Combien de joueurs sont concernés ?

De manière quasi invariable, on estime que cette pathologie concerne un peu plus de 2 % de la population adulte ; le consensus est admis sur ce chiffre par l’ensemble des études internationales. L’étude référence date de 1996 (Ladouceur, Jacques, Ferland et Giroux) et situe le taux de prévalence à 2.1 %.

On remarque que les taux ont tendance à augmenter dans le temps signifiant aussi que plus il y a accès aux jeux de hasard, plus l’incidence augmente, comme tend à le démontrer l’expérience australienne, un pays qui détient un record en terme de nombre de loteries-vidéos et de joueurs pathologiques, estimés à 7 % de la population. A Las Vegas, capitale mondiale du jeu, on dénombre aussi plus de joueurs accros que dans la moyenne nationale…

Seule certitude, on peut admettre que les joueurs en difficultés se recrutent majoritairement au sein des joueurs réguliers, dont les études de clientèles montrent clairement l’importance :

  • 32 % des joueurs de la Française des Jeux jouent au moins une fois par semaine ;

  • 32,5 % des adeptes des machines à sous jouent plusieurs fois par semaine et 5,7 % tous les jours ;

  • le PMU comporte 34 % de joueurs réguliers jouant une à plusieurs fois par semaine et 9 % de joueurs quotidiens. Seuls 35 % sont des joueurs occasionnels.

Synthèse

  • Consensus sur le chiffre de 2.1 % de la population à classer comme joueur pathologique. Etudes nord-américaines. Etats-Unis (Lesieur), Québec (Ladouceur).

  • « Personne n’est à l’abri » pour peu qu’il soit fragilisé dans sa vie (divorce, licenciement, deuil…) ou fasse « un gros coup » en début de carrière ! La dépendance peut s’installer assez rapidement.

  • Des experts parlent d« épidémie silencieuse » ou de « mal caché », étant entendu que les joueurs pathologiques prennent bien soin de cacher leurs problèmes de jeux.

  • Tous les âges et csp concernés.

► Parler de dépendance, ce n'est pas parler d'excès !

  • On ne peut caractériser la dépendance d’un joueur, à partir de seuls critères de fréquentation et de budget.
  • La dépendance, ce n’est pas forcément une question d’excès.
  • L’excès est une étape pouvant conduire à la dépendance ; cela reste toutefois un comportement normal et très humain.
  • Le critère essentiel de la dépendance au jeu intervient lorsque le jeu devient la seule réalité du joueur.
  • lorsque le joueur ne pense plus à son travail, sa famille, ses amis et se concentre de manière quasi obsessionnelle sur la pratique de jeu, en dépit de toutes les conséquences négatives et au mépris de tous

La dépendance s’installe lorsque :

  • l’envie se transforme en besoin
  • le plaisir devient idée fixe
  • le divertissement devient une source d’angoisse

La caractéristique essentielle de la dépendance est l’incapacité de résister à la tentation d’accomplir un acte qui nuit à soi même ou à autrui.Elle se définit donc par la perte de la liberté de pouvoir s’abstenir de jouer.

Toute dépendance est une forme de centration sur un objet, un produit ou une activité qui permet de faire le vide, de ne penser à rien d’autre, surtout pas au temps qui passe, ou à soi-même.

► Dans le jeu, un scénario prévisible, en 3 phases progressives

Le jeu pathologique s’installe selon un scénario prévisible, avec trois phases distinctes et progressives: au gain initial (période euphorique) va succéder une phase de pertes qui peut être très longue puis une phase de désespoir.

► La phase de gains. Dans un premier temps, le joueur connaît un « gain à jouer », parce qu’il a gagné des espèces sonnantes et trébuchantes ou tout simplement parce qu’il a vécu un moment fort. On parle d’ailleurs de « chance du débutant », une expression un peu facile puisque si le joueur gagne au début, c’est tout simplement parce qu’il sait s’arrêter à temps !

Ces premiers gains obtenus conditionnent le joueur de manière durable. Le gain est source d’excitation, voire d’euphorie ; le joueur va se concentrer sur sa manière de jouer et la possibilité d’influencer le jeu en sa faveur, convaincu de pouvoir être guidé par la chance. Les gains initiaux sont rejoués car le joueur capable de gagner de l’argent facilement, de surcroît en s’amusant, va solliciter toujours plus la chance… on n’arrête pas une formule qui marche !

► La phase inévitable de pertes. Parce que l’espérance de gain est négative pour le joueur -plus l’on joue, plus l’on risque de perdre -, parce qu’il parie des montants toujours plus élevés, les gains initiaux laissent place à une phase inévitable de pertes.

Cette phase peut durer très longtemps d’ailleurs, des décennies, sans que cela ne soit pour autant une catastrophe. En revanche, si le joueur perd de l’argent qu’il ne pouvait pas se permettre de perdre, les pertes vont être jugées comme intolérables pour le joueur qui va vouloir, à tout prix, « se refaire ». C’est bien une période de surenchères dans le jeu qui va s’installer, où le joueur se sent obligé de prendre des risques… pour tenter de regagner.

Au fil des pertes, le joueur va puiser dans ses économies personnelles, abandonner des projets familiaux, commencer à s’endetter. Le joueur va alors être extrêmement préoccupé par le jeu et l’argent du jeu. Il va devenir irritable, en proie au stress et peu à peu abandonner ses autres centres d’intérêts au profit du seul jeu. Le processus de désocialisation peut intervenir assez vite dès lors que les difficultés matérielles éclatent.

► La phase de désespoir. On pourrait parler aussi d’une période de prise de panique où le joueur pourra « miser sa vie », n’hésitant plus, par exemple, à commettre des délits pour se procurer de l’argent pour jouer ou rembourser des dettes.

À ce stade, le joueur est souvent atteint d’états dépressifs, avec la nostalgie de la période glorieuse du début et un sentiment lourd de honte et de culpabilité d’être tombé aussi bas. Le plaisir à jouer n’existe même plus ; le joueur ne fait que répéter des gestes qui ne lui procurent plus aucune satisfaction.

La dépendance au jeu génère des épisodes dépressifs courants ; il n’est pas rare de voir les joueurs envisager le suicide comme une alternative à tous les problèmes. Dans le jeu plus qu’ailleurs, les pensées suicidaires sont fréquentes, plus rarement les actes.

Les conséquences du jeu pathologique

Les 4 D :

Dettes
Délits
Dépression
Désociali
sation

► Les 10 critères médicaux du jeu pathologique

  1. La personne est dans l’impossibilité chronique et progressive de résister aux impulsions à jouer
  2. Elle joue des sommes croissantes pour atteindre l’excitation désirée
  3. Son comportement de jeu compromet, bouleverse ou désorganise les objectifs personnels, familiaux ou professionnels. Elle met en danger, à cause du jeu, emploi, études, relations
  4. Elle est préoccupée par le besoin de jouer et joue plus pendant les périodes de stress (elle repense aux jeux passés, prévoit les prochains ou cherche comment trouver de l’argent pour jouer)
  5. Les conséquences négatives du jeu renforcent le comportement du jeu (dettes, ruptures de liens familiaux, négligences dans le travail, activités illégales, fraudes pour financer le jeu)
  6. La personne fait des efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter sa pratique du jeu
  7. Elle est agitée ou irritable quand elle essaye d’arrêter ou réduire la pratique du jeu
  8. Elle joue pour soulager des humeurs sombres
  9. La personne ment pour cacher l’ampleur réelle de ses habitudes de jeu
  10. Elle compte sur les autres pour obtenir de l’argent et sortir de situations financières désespérées à cause du jeu

Avec plus de 5 critères sur 10, on est considéré comme un joueur pathologique.

Source : DSM IV, « bible » de la psychiatrie.

►Les 6 critères de Bergler

Le psychanalyste Edmund Bergler propose, en 1957, dans son ouvrage “the Psychology of Gambling” une description du joueur pathologique selon 6 caractéristiques:

1. La prise habituelle de risques. Le joueur joue régulièrement, de façon chronique et répétitive.

2. L’envahissement de la vie par le jeu. Toute l’énergie du joueur est centrée sur le jeu, au détriment de tout autre centre d’intérêt.

3. L’optimisme pathologique. Le joueur ne tire pas de leçon des défaites ; il est persuadé qu’il va finir par gagner et rien ne peut l’en dissuader. Même quand il a perdu son dernier euro, il reste persuadé que, s’il avait encore eu de l’argent, il aurait gagné.

4. Le joueur ne s’arrête jamais tant qu’il gagne. Quand il gagne, il est convaincu qu’il peut encore gagner davantage.

5. L’augmentation inexorable des mises. Malgré une prudence initiale, le joueur finit par prendre trop de risques et jouer au dessus de ses moyens.

6. Une sensation agréable et douloureuse est éprouvée. Le joueur est à la recherche d’un frisson étrange : une « tension agréable douloureuse » caractéristique d’un « état renversant » qui peut conduire à un véritable « état de transe » lorsque survient une série favorable. Ce frisson du jeu est une sensation étrange composée autant de douleur que de plaisir.

►Les situations de crise du joueur

  • consacrer l’essentiel de son temps au jeu
  • un retour systématique au jeu à la moindre opportunité ou contrariété
  • un besoin d’argent pour rembourser des dettes ou « se refaire »
  • envisager une action délictueuse pour se procurer de l’argent
  • donner l’illusion d’être concentré au travail
  • continuer à mentir sur sa pratique de jeu
  • se désintéresser de son entourage
  • devenir agressif ou irritable dès lors qu’on ne joue plus
  • difficultés à se projeter dans l’avenir
  • troubles du sommeil stress élevé
  • pensées suicidaires

► Problèmes de joueurs

« Je gagne souvent mais je perds toujours »
  • J’essaye de me contrôler mais je n’y arrive pas
  • Je suis toujours dans le besoin de me refaire, c’est l’appât du gain qui est le plus fort
  • Je pense avoir perdu 30 ke et j’ai volé de l’argent à ma famille, mais ils sont riches
  • Je suis désespérée quand je joue
  • Il est trop tard, les gens ne me comprennent pas. Je suis mal jugée.
  • Je n’arrive plus à me limiter
  • Je me suis vu couler
  • J’en suis malade, je prends du Lexomil
  • Je n’accepte pas l’idée d’avoir perdu, j’espère récupérer au moins une partie
  • Est-ce que je peux vivre du jeu ? J’essaye d’appliquer des martingales sur les numéros
  • À une période, j’ai beaucoup gagné et je crois que je vais toujours pouvoir gagner
  • Pour gagner gros, il faut jouer gros.
  • Je n’arrive plus à dormir, parfois à manger. Je souffre
  • Je ne sais plus m’arrêter et ca m’angoisse terriblement
  • Je ne sais pas jouer autrement que par le maximum
  • Je suis tombé dans la misère, je deviens très excité et agressif
  • Je ne veux pas en parler à mon médecin traitant, j’ai trop honte
  • J’ai la hantise de croiser l’un de mes gendres qui est joueur lui aussi
  • Je m’enfonce depuis que j’ai touché un jackpot
  • C’est la chute vertigineuse ; si je continue, je vais aller jusqu’où ?
  • J’ai fait beaucoup de dégâts, je risque même des poursuites pénales.
  • J’ai fait un faux chèque de 4 000 euros à un bureau de tabac, j’étais sûr de gagner
  • Je ne construis plus rien, je me suis mis en situation d’échec
  • J’ai été prendre jusqu’à 1 800 euros sur le compte de ma fille
  • Que je gagne ou je perde, je mets tout
  • Je ne peux plus payer mes factures
  • Dans le jeu, on est vite plus rien
  • Je n’ai pas pris conscience que ma femme risquait de partir
  • Je suis arrivé à dégoûter tout le monde autour de moi

► Combien de joueurs dépendants ?

De manière quasi invariable, on estime que cette pathologie concerne un peu plus de 2 % de la population adulte ; le consensus est admis sur ce chiffre par l’ensemble des études nord-américaines. Etats-Unis (Lesieur), Québec (Ladouceur).

L’étude référence date de 1996 (Ladouceur, Jacques, Ferland et Giroux) et situe le taux de prévalence à 2.1 % de joueurs pathologiques (classés 5 au SOGS, un questionnaire d’évaluation officiel).

En France, les estimations les plus courantes font état de 600 000 joueurs pathologiques. On peut supposer que ce phénomène est plus large qu’on ne veut bien le reconnaître de prime abord, d’une part parce que les joueurs ont tendance à taire leurs problèmes ; d’autre part parce que l’on occulte les joueurs pathologiques « probables » ou
« potentiels ».

Illustration : une étude du « Responsible gaming council » à Ontario, réalisée en 2002 sur 5000 joueurs, a montré que 18 % présentaient une dépendance modérée et 3.8 % une dépendance sévère.

On remarque que les taux ont tendance à augmenter dans le temps signifiant aussi que plus il y a accès aux jeux de hasard, plus l’incidence augmente, comme tend à le démontrer l’expérience australienne, un pays qui détient un record en terme de nombre de loteries-vidéos et de joueurs pathologiques, estimés à 7 % de la population. A Las Vegas, capitale mondiale du jeu, on dénombre aussi plus de joueurs accros que dans la moyenne nationale…

Les études à disposition indiquent aussi que cette problématique touche particulièrement les couches socialement défavorisées ou minoritaires de la population, les autochtones et les populations jeunes.

Les joueurs accros, une population silencieuse

Le problème est de toute façon peu visible : les « accros » ne s’expriment pas vraiment sur leur dépendance et consultent très rarement.

Le jeu pathologique est l’une des dernières maladies camouflées.

Des chercheurs ont parlé de « mal caché » ou d’ « épidémie silencieuse », étant entendu que les joueurs dépendants prennent soin de dissimuler leurs problèmes de jeux. .

► Qui est concerné ?

  • Consensus sur le chiffre de 2.1 % de la population à classer comme joueur pathologique.
  • En comparaison : drogues illégales: 6 - 8 %
  • alcool: 8-10 %
  • tabac: 25 %
  • Comme il y a plus d’alcooliques dans les bars que dans la population, il y a aussi plus de dépendants au jeu dans les casinos, où l’on estime qu’entre 8 et 15 % du public est dépendant. On pourrait donc évaluer que 1 client de casino sur 10 est dépendant au jeu.
  • « Personne n’est à l’abri » pour peu qu’il soit fragilisé dans sa vie (divorce, licenciement, deuil…), soumis à un stress important dans sa vie professionnelle ou, plus simplement encore, soit exposé à un « big win » qui va accrocher durablement le joueur. La dépendance peut s’installer assez rapidement.
  • Tous les âges et csp sont concernés.

► Qui est à risque ?

Un psychologue canadien, Guy Lenoir, a pu noter un profil psychologique caractéristique et à haut risque du joueur pathologique :

  • intelligence supérieure,
  • haut niveau d’énergie,
  • remarquables capacités sportives,
  • caractère hautement compétitif et goût du risque,
  • succès professionnel et acharnement au travail,
  • manque de loisirs ou de hobbies,
  • attirance pour les situations hautement stimulantes,
  • enfin, seuil bas de tolérance à l’ennui.

► Des jeux plus addictogènes que d’autres

Toutes les formes de jeu n’ont pas le même potentiel addictif. Ainsi, il a été établi par deux chercheurs anglais -Griffiths et Wood- que c’est le public des « appareils de loterie-vidéos » (alv) qui est majoritairement impliqué dans les comportements de dépendance.

L’ensemble des jeux se pratiquant sur un écran vidéo est incriminée dans les phénomènes d’accoutumance, au contraire d’un Loto ou d’un Euromillions par exemple qui ne posent pas de problèmes dans la mesure où la prise de paris est espacée et le résultat différé.

Les 6 dangers des ALV
  • Provoquent en situation de perte des expériences psychologiques gratifiantes (le « presque gagné »)
  • Ont des intervalles de récompense courts
  • Ne sont pas coûteux de manière trompeuse
  • N’exigent aucune maîtrise
  • Offrent la possibilité de jouer de manière répétitive et continue (le joueur n'a pas le temps de « digérer » une partie qu’il est déjà projeté dans la suivante).
  • Sont hautement accessibles Les dangers des jeux sur le Net

    Les jeux sur Internet offrent en effet un bien trop grand confort pour le joueur: une disponibilité jour et nuit, peu ou pas de contrôle social, guère de limites quant aux mises (mises simultanées sur plusieurs jeux/tables possibles), pas de déplacements, sans compter des pratiques marketing alléchantes, où l’on vous donne des bonus pour jouer.

    Le joueur du net, sans le regard et la présence d’autrui, sans lien avec le réel, peut déraper et perdre rapidement le contrôle de sa pratique. On sait qu’un joueur livré à lui-même dans l’intimité de son salon risque évidemment de jouer beaucoup plus longtemps et souvent, en raison de la permanence des jeux proposés.

    Vue l’explosion en cours des sites de jeux en ligne, il paraît évident que la « pokermania » va induire la «production» de comportements addictifs, de plus en plus tôt et de plus en plus rapidement. On le voit bien déjà auprès du public des jeunes adultes (18/25 ans), particulièrement exposé à ce risque, laissant augurer d’une montée en puissance très nette des comportements addictifs, dans les années à venir.

Copyright © 2010 - 2012 Misez Sur Vous | Mentions légales

À propos

mes créations DO IT YOURSELF- dessins et photos STEAMPUNK et SHABBY CHIC, courants artistiques. STEAMPUNK CRAFTS - unique contact : eliane.roi1@orange.fr